mardi 8 août 2023

9. 6. Suite de la fondation de l' Université de Paris.

Suite de la fondation de l' Université de Paris.

CHAPITRE VI.

Lors que les bonnes lettres se voulurent habituer entre nous autres François, nous eusmes quatre braves guerriers qui se mirent sur les rangs, pour attaquer l' ignorance: Un Yve Evesque de Chartres, sous les regnes de Philippes I. & Louys le Gros, un S. Bernard fondateur de l' Abbaïe de Clairvaux, un Pierre Abelard, partie sous Louys le Gros, partie sous Louys VII. son fils. S. Bernard (dis-je) qui se fit ennemy formel d' Abelard, pour quelques propositions erronees qu' il soustenoit: mais au demeurant grand & signalé personnage entre les gens lettrez de son temps. Et outre ces trois, un Pierre Comestor qui vesquit sous le regne du mesme Louys VII. l' an 1178. Quant aux deux premiers, ils n' enseignerent jamais les lettres dedans Paris. Leurs devotes professions vouloient qu' ils residassent, l' un en sa ville Episcopale de Chartres: l' autre en son Abbaïe de Clairvaux, sinon lors que les affaires publiques de l' Eglise & du Royaume les contraignoient de s' en dispenser. Car quant à Pierre Comestor, i meit en lumiere son Histoire Ecclesiastique l' an 1172. & y a quelque apparence qu' il enseigna les bonnes lettres en l' Eglise de sainct Victor, où il est enterré. Quoy que soit son Epitaphe qui y est porte ces mots.

Petrus eram, quem petra tegit, dictusque Comestor,

Nunc comedor, vivus docui, &c.

Dernieres paroles qui me font croire qu' outre les livres par luy composez, il estoit monté en chaire pour enseigner la jeunesse.

Or de ces quatre grands personnages, Abelard est celuy qui sans doubte leut dedans Paris avec honneur, accompagné toutesfois de tant de traverses, qu' il fut contrainct de quitter la partie, se faisant Religieux profez de sainct Denis. Et comme il estoit d' un esprit versatil; aussi changea il depuis de diverses demeures sur nouvelles occasions; ores par necessité en la ville de Soissons, ores pour sa commodité en Champagne, où il fonda l' Abbaïe du Paraclit, puis en Bretagne où il fut esleu Abbé, & finalement au Monastere de Clugny, où il trouva la fin de sa vie, & de ses maux l' an 1142. C' est de luy mesme dedans les Epistres duquel nous trouvons quelques eschantillons, qui nous servent d' instructions & memoires pour cognoistre en quel estat estoient lors les Escoles de Paris, quand il y vint pour estudier. Car à vray dire nous serions lourches sans luy, au recit de l' ancienneté, dont je vous ay cy-dessus parlé. Auquel temps la Republique des Arts n' estoit encore en essence sous le nom d' Université. Vray qu' elle croissoit & augmentoit grandement d' Escoliers, estudians diversement selon leurs capacitez, qui de Grammariens, qui de Philosophes & Artiens, & qui de Theologiens. Pour ceste cause, a fin de descharger de leçons la maison Episcopale, on choisit le lieu plus proche & contigu d' icelle. Ce fut l' Eglise S. Julian, lors en venerable reputation, comme celle qu' on reputoit fille de la grande Eglise, par le consentement du Roy Louys VII. n' y ayant qu' un petit trajet d' eau à traverser de l' une à l' autre sur un pont, qui dés le regne de Philippes Auguste fut appellé Petit-pont. Ainsi apprenons nous de Rigord qui estoit du temps de luy, & fit l' histoire de sa vie apres son decez, que l' an 1206. il y eut une grande inondation de la riviere de Seine qui rompit trois arches du Petit-pont de Paris. Tres arcus parvi pontis fregit, & quamplures domos ibidem evertit. Par ainsi furent nos Escoles my-parties en deux. Dont celles de la Theologie demeurerent en la maison Episcopale, son originaire demeure, & celles tant de l' Humanité que Philosophie, au Prioré de S. Julian. Et fut la cause pour laquelle, par les Escoliers qui lors estudioient aux Arts furent leurs Recteurs esleus à S. Julian, & nul Docteur des Facultez de Theologie, Decret, Medecine, ne fut jamais esleu, ny ne pretendit pouvoir estre appellé à cette dignité de Recteur. Coustume qui s' est depuis continuee, & perpetuee jusques à nous. Et est une chose digne d' estre remarquee, qu' en ce mesme lieu se faisoit l' acte le plus solemnel pour les Arts. Ce que j' apprens d' un article de la reformation de l' Université faite par Jean Cardius d' Estouteville sous le titre des Artistes, qui est tel.

Item statuimus, & mandamus, ut actus ille solemnis, de disputatione quodlibetorum, qui dudum ad decus facultatis, exercitium studiorum, ac ingenia excitanda, fuit nobiliter institutus, observetur. Mandantes id in vim sanctae obedientiae, exercitium, iuxta veterem morem, apud sanctum Iulianum, omni excusatione postposita, reintegrari, & renovari, per praestantes ipsius fatultatis magistros, per singulas nationes eligendos. Qui nous monstre que cette Eglise fut du commencement le premier lieu, où les Maistres és Arts faisoient leurs premieres leçons, & exercices des lettres humaines. Vray que cela ne dura pas longuement: D' autant que nostre Université s' estant enflee, & accreuë en grand nombre d' Escoliers François, Picards, Normands, & Anglois, sous lesquels plusieurs nations estoient comprises, furent basties quatre grandes Escoles en leur faveur, sous le nom de Salles de France, Picardie, Normandie, Angleterre, & depuis furent ces dernieres intitulees d' Allemagne, comme je deduiray en son lieu: Escoles qui furent basties en la ruë au foüerre, non grandement esloignee de l' Eglise de S. Julian: Esquelles salles se firent de là en avant les lectures, tant en humanité, que Philosophie.

Quelque peu apres fut introduite la Faculté de Medecine, qui choisit son domicile non loing de la ruë au foüerre, & d' une mesme suite fut bastie l' Eglise en l' honneur de S. Nicolas ancien patron des Escoles, & le College des Bernardins, auquel se firent les anciennes assemblees, concernans les grandes consultations, comme nous apprenons des advis qui furent baillez à Messieurs de l' Université de Rouen, au procez faict à Jeanne, dite la Pucelle d' Orleans, le College des bons enfans: maison destinee pour ceux qui voudroient avoir part aux leçons qui se faisoient à sainct Victor: & combien qu' avecques le temps la Faculté de Decret fust logee au Clos Bruneau, comme nous voyons; toutesfois la verité est, que nos Escoles qui depuis prindrent le nom d' Université, ne gisoient que en cette basse liziere, que vous voyez se maintenir de l' une à l' autre, nostre Dame, Sainct Julian, ruës au Foüerre, de la Bucherie, jusques à l' Abbaïe de sainct Victor, hors les murs. Et n' avoient lors nos Escoles rien de commun avecques cette grande Montagne de saincte Geneviefve, & S. Jacques, & ruë de la Harpe, où les Muses se vindrent apres heberger: Chose mesme dont je pense avoir certain tesmoignage d' Abelard, lequel se voyant par le moyen d' une sienne maladie, chassé de la chaire qu' il pensoit luy appartenir en la maison Episcopale, pour se revanger de l' injure, qu' il pretendoit luy avoir esté faite: Extra civitatem (dit-il) in monte sanctae Genouefae, scholarum nostrarum castra posui, quasi eum obsessurus, qui nostrum occupaverat locum. L' Université n' estoit pas encore bastie, ains seulement commençoit de poindre. Mais le lieu dont Abelard avoit esté exterminé, estoit la maison Episcopale, premier fondement de nostre Université qui fut puis apres: & le lieu auquel malgré ses ennemis il continua ses leçons fut pres de S. Geneviefve. Qui nous enseigne presque que ce lieu estoit auparavant inaccoustumé aux lectures. Verité est que depuis se trouvans plusieurs personnages d' honneur, qui voulurent edifier des Colleges pour l' instruction de la jeunesse, ils choisirent le haut de cette montagne, comme celuy qui seroit à l' advenir un Parnasse de nostre France, auquel ils estimerent y avoir plus d' asseurance pour la santé. Qui fut une nouvelle police d' estude, aucunement prejudiciable à l' ancienne institution. Discours que je me reserve par autres chapitres, apres que j' auray deduit ce que je pense de l' ancienne institution.

9. 5. Premiere institution & progrez de l' Université de Paris, & de son ancienne situation.

Premiere institution & progrez de l' Université de Paris, & de son ancienne situation.

CHAPITRE V. 

Quant à moy suivant ce que je vous ay discouru par le precedant Chapitre, rejettant la fondation telle qu' est la commune ignorance, nous devons à mon advis tous estimer, que l' Université de Paris n' a esté jettee en moule tout d' un coup, & est une chose digne d' estre remarquee, qu' encore que l' usage des Universitez ne fust en ceste France du commencement, pour les longues guerres qui y estoient survenuës, & avoient troublé l' Estat ancien & ordinaire des Gaules: si est-ce que d' une bien longue ancienneté, il n' y avoit Eglise Cathedrale, en laquelle n' y eust une prebende affectee, pour le salaire de celuy qui enseigneroit les lettres ordinaires, & une autre pour celuy qui vacqueroit à l' enseignement de la Theologie. Le premier estoit appellé Escolatre, le second Theologal. En quelques Eglises n' y en avoit qu' un pour l' espargne, & és autres, deux. Du commencement ces places estoient baillees à personnages de merite, qu' on recherchoit par honneur, & se sentoient les Doyen, Chanoines & Chapitre bien honorez, quand ils en avoient pourveu un homme sortable. Mais comme par malheur, il advient ordinairement que tous mauvais exemples prennent leur source avecques le temps de beaux & loüables pretextes, aussi advint-il au cas qui s' offre, que peu à peu ceux qui desiroient entrer en ces grades, estoient contraincts avant que d' y estre admis, faire presens par forme de proficiat & gratification à uns & autres Chanoines, qui avoient plus de voix & creance en Chapitre pour la nomination. Qui estoit une vraye corruptelle, revestuë du masque de loüable coustume. Et de cet abus est parlé au Concil de Latran, tenu souz le Pape Alexandre troisiesme en un article qui s' adresse expressément à nostre Eglise Gallicane, qui est tel: Quanto Ecclesia Gallicana, maiorum personarum scientia, & honestate praefulget, &c. Article depuis transplanté mot pour mot aux Decretales de Gregoire neufiesme, chapitre Quanto de Magist. Ext. Et est cette mauvaise coustume condamnee par ce Concil, & ceux-là anathematizez qui de là en avant en useroient.

Ny pour tout cela vous ne trouverez en tout ce Concil estre parlé d' aucune Université chez nous: Et est advenu que toutes nos Universitez qui se trouvent en nostre France, elles ont esté depuis establies en nos Eglises Archiepiscopales, ou Episcopales: horsmis celle de Caen, qui ne fut institution Françoise, ains Anglesche, souz le peu de temps que le jeune Roy Henry sixiesme vint en France. Chose que je ne dis pas pour vilipender ce College, auquel se trouvent plusieurs gens d' honneur y avoir siege: ains pour dire ce qui est de la verité de l' Histoire.

Or les choses se passans de cette façon, je ne doute point que nostre Paris estant d' une longue ancienneté la ville metropolitaine de la France, & siege ordinaire de nos Rois, ainsi tant pour la commodité, & situation du lieu, que respect qu' on luy portoit, les gens plus doctes ne s' y habituassent, & ne desirassent d' avoir l' une de ces deux chaires, pour faire diversement monstre & banniere de leur sçavoir: Et qu' à cet effect, la maison Episcopale fut expressément choisie, long temps auparavant que l' Université eust esté creée. En quoy je pense avoir Pierre Abelard pour mon garand, grand personnage de son temps, s' il ne se fust trop flaté. Cestuy au recit qu' il fait de ses tribulations, en une longue Epistre Latine, nous dit que sur son jeune aage, il abandonna pere, mere, freres, & sœurs, & toute esperance de successions, tant directes que collaterales, pour s' habituer dans Paris, où les bonnes lettres commençoient de se loger, & que là il y avoit en la maison de l' Evesque deux doctes personnages, qui y faisoient lectures publiques. Un Guillaume de Champeau Archidiacre de Paris, qui s' estoit rendu admirable en l' explication de Priscian, & de la Philosophie, & avecques luy un Anseaulme, qui enseignoit la Theologie. Par cela nous n' apprenons pas que les Escoles de Paris fussent establies vers l' Eglise de nostre Dame. Mais comme Abelard nous discourant ses malheurs, il n' oublie rien en l' histoire de sa vie de ce qui fait, tant à son advantage que contre, aussi adjouste-il que quelques jours apres sa venuë, il avoit gaigné telle vogue sur ces deux precepteurs, qu' il leur faisoit à bonnes enseignes contraste. Au moyen dequoy y ayant lors une jeune fille nommée Heloïse tres-docte, qui se tenoit au cloüestre, chez Foubert son oncle, (quelques uns le disent pere) Chanoine de nostre Dame, il fut par luy prié de faire leçon à sa niepce, dedans sa maison, dont Abelard ne l' esconduit. Parce (dit-il) que la maison du Chanoine, Scholis nostris proxima erat. Passage dont je recueille, que c' estoit en la maison Episcopale, qu' on exerçoit les estudes, tant de Grammaire & Philosophie, que de la Theologie. Qui fut cause que les Libraires se vindrent loger là aupres. Ce dont nous avons encore veu de nostre temps quelques restes, & apparceuances en la ruë de nostre Dame non esloignee de cette Eglise.

Or les Estudes s' y estans de cette façon plantees, elles commencerent peu apres de s' apprivoiser du Monastere de Sainct Victor: Pour laquelle ancienneté recognoistre, outre ce que j' ay remarqué en mon troisiesme Livre, encore pensé-je estre indubitablement assisté de deux notables passages. Le premier d' un vieux Religieux de Jumege, qui fit quelques additions sur la Cronique de Sigebert: le second du mesme Abelard. Eodem tempore (dit le Religieux) quo ordines Cisterciensis, & Charthusiensis fuerunt creati, Magister Guillelmus de Campellis, qui fuerat Archidiaconus Parisiensis, vir admodum litteratus ac religiosus, assumpsit habitum Canonicis regularis, cum aliquibus suis discipulis, extra urbem Parisius, in loco ubi erat capella sancti Victoris Martyris. Assumpto autem illo ad Episcopatum Catalaunensem, Venerabili Gilduinus eius discipulus, primus Abbas ibi factus est. Par ce passage vous voyez que Champeaux qui s' estoit acquis tant de bruit dedans l' Eglise de Paris, quitta & son Archidiaconé, & sa robe seculiere, pour espouser une vie Monastique, avecques quelques siens Escoliers en la Chappelle sainct Victor, mais non que l' on y enseignast les bonnes lettres: Ce doubte vous sera levé par Abelard, au passage par moy, non entierement preallegué: Perveni tandem Parisius (dit Abelard) ubi idem maximè disciplina haec (il entendoit parler de la Philosophie) florere consueverat, ad Guillelmum scilicet Campellensem, praeceptorem meum in hoc Magisterio, re, famáque praecipuum. Et peu apres: Elapsis autem paucis annis, cum ex infirmitate iamdudum convaluissem, praeceptor ille meus, Parisiensis Archidiaconus habitu pristino renunciato, ad Regularium ordinem se contulit. Non tamen hic profeßionis habitus, aut ab urbe Parisiensi, aut à consueto Philosophiae studio substraxit, sed in ipso quoque Monasterio, ad quod se contulerat, statim more solito, publicas exercuit Scholas. Vous voyez que combien que Champeaux eust changé sa vie seculiere en reguliere, cela n' empescha pas qu' il ne continuast ses lectures anciennes en son nouveau Monastere de S. Victor, tout ainsi qu' auparavant en nostre Dame. Et à tant que les bonnes lettres furent en mesme temps enseignees en ces deux venerables maisons: mais qu' elles avoient pris leurs premieres nourritures en celles de nostre Dame.

Quelques uns paravanture trouveront mauvais que j' attribuë l' ouverture des Religieux de sainct Victor à Guillaume de Champeaux, laquelle par la voix commune du peuple, est attribuee à nostre Roy Louys le Gros, sixiesme de ce nom. Opinion qui n' est pas de prime face sans quelque apparence de verité. Car le mesme Roy par ses lettres en forme de Chartres de l' an mil cent treize, disoit que par l' advis de plusieurs Prelats & Seigneurs de son Conseil: In Ecclesia Beati Victoris, quae iuxta Parisiorum civitatem sita est, Canonicos regulariter viventes ordinari volui. Dementant par ce moyen, tant le Religieux de Jumege, qu' Abelard. Toutesfois il est certain que cette Eglise avoit esté auparavant reduicte en forme de Prioré par Champeaux, & quelques uns de ses Escoliers. A quoy le Roy Louys le Gros voulut apporter plus d' estoffe, comme vous pourrez voir par les mesmes lettres, esquelles il use de ces mots Dotavi, & ditavi: & non pas qu' il l' eust premierement fondee. Mais au lieu de Prieur il y establit un Abbé, comme nous apprenons de son Epitaphe, qui est au Cloüestre, joignant la porte de l' Eglise.

Insignis genitor Ludovici, Rex Ludovicus, 

Vir Clemens, Christi servorum semper amicus, 

Instituit, fecit, Pastorem Canonicorum.

In cella veteri, trans flumen Parisiorum.

Plus fidele commentaire ne pourriez vous avoir que cestuy, pour monstrer que Louys le Gros ne fut le premier fondateur, ny de cette Eglise, ny des Chanoines reguliers d' icelle, ains seulement de l' Abbé. Vray que l' Eglise S. Victor estant auparavant bastie, accompagnee de ses Religieux, le Roy Louys le Gros la fit de fonds en comble reedifier, dit un vieux Historiographe, qui n' a point inseré son nom. A quoy nous adjoustons que celuy qui premier en porta le tiltre d' Abbé, fut Gilduin l' un des principaux disciples de Champeaux, lors que son precepteur fut creé Evesque de Chaalons. Ce Roy fut le premier de la famille des Capets, qui meit (si ainsi me permettez de le dire) nos Rois hors de page. Car comme ainsi fust que sous ce nouveau changement de lignee souz Hugues Capet, plusieurs grands Seigneurs se fussent par un droit de bien-seance accommodez du bien de l' Eglise, ce Roy les sceut si bien mener à raison, qu' en fin de jeu toutes ces places mal prises furent renduës, & remises en leur premiere nature. Et pour cette cause dit Guillaume de Nangy en ses Annales de France, il fut appellé le Batailleux. Les belles victoires qu' il obtint, non seulement contre ces seigneurs mal-gisans, ains contre tous ses ennemis, furent cause à mon jugement, que par la rencontre du nom, il choisit ce Monastere S. Victor, & qu' il le dota de plusieurs grands biens, & prerogatives, pour luy servir à l' advenir de trophee. De maniere que la pauvreté en estant tout a fait bannie, & par consequent la necessité & disette, adoncques commencerent les Religieux à espandre successivement leurs semences: Uns Hugo, Adamus, Riccardus, Accordus, Galterus, Godofridus, Garnerius, Absalon, Leoninus, & plusieurs autres Religieux de mesme paste, par le moyen desquels l' Université s' accreut grandement avecques le temps.